Archive 11 novembre 2009 - Le passé rejoint le présent
12
novembre 2009
La cérémonie du 11 novembre qui s’est
déroulée dans notre commune du Barcarès a regroupé de nombreuses
personnes, et n’a pas manqué de toucher et de véhiculer une émotion
certaine.
Si, pour certains, c’est d’un autre temps et la page est tournée. Pour d’autres, et pas seulement pour des personnes dites âgées, c’est l’occasion de perpétuer la mémoire d’une histoire douloureuse, datant de 91 ans certes, mais à travers elle aussi de mettre l’accent sur les épisodes douloureux, quels qu’ils soient, qui sévissent dans notre monde d’aujourd’hui (Afghanistan, terrorisme, Darfour et autres) pour en définitive insister sur la nécessité de ne jamais se croire à l’abri des secousses ignobles du pire de la face des hommes. Seules des valeurs intègres, parmi lesquelles le désir de dialoguer en permanence, pourront nous prémunir contre le retour d’un conflit, tôt ou tard, dans nos contrées dites occidentales.
Vous l’aurez
compris : si le 11 novembre porte l’Armistice de la
« grande guerre », le symbolisme dépasse largement
cet évènement et détermine notre réflexion bien au-delà. La présence,
près du monument aux morts, d’enfants de l’école Jean Moulin, est un
signe fort : l’apprentissage provient de l’expérience et la
mémoire joue le rôle dévolu de livre ouvert pour forger nos
comportements de sorte que plus rien ne soit comme avant.
Dans ma jeunesse, dans les années 60, j’entendais encore des mots tels que « Bosch » ou « Schleu » qui qualifiaient avec mépris nos voisins allemands, sur lesquels la haine des guerres avait encore prise… De nos jours qui, parmi notre jeunesse aurait encore ces mots en bouche ? L’Europe est passée par là, avec ses travers certes, mais surtout a contribué à tomber les frontières en rapprochant les mentalités et les intérêts de toutes sortes, y compris économiques.
Dans les années 80, la toute puissante URSS terrifiait le monde (parfois au-delà du fondement). Qui croyait alors que le mur tomberait en 1989 ? Le 9 novembre dernier ce fût là encore l’occasion de se souvenir et de s’étonner 20 ans après que l’humanité est capable d’ouvrir indistinctement les vannes au mauvais et au bon. Il est donc certain qu’à chaque fois que l’homme s’empare de l’histoire, le meilleur est au bout. Tout en sachant l’ampleur de la tâche qu’il reste à accomplir et que rien, jamais, n’est définitivement acquis.
Pour revenir à notre nombril « Le Barcarès », nous avons aussi ici un travail de fond à accomplir afin d’ôter dans les bouches des termes d’agression perpétuelle et enseigner la tolérance et le dialogue, de sorte que chacun, différemment puisque l’opinion et la vérité sont multiples, puisse s’exprimer et cohabiter dans la paix extérieure et intérieure.
Le 11 novembre serait-il un évènement politique ? Non naturellement et pourtant de nombreuses composantes de l’opposition manquent à leur devoir de présence. Comment parvenir à toucher les Barcarésiens dans la vie de tous les jours sans avoir, en permanence, le souhait d’être LA quand il le faut et où il faut ? Il est choquant que des groupes constitués, et notamment s’étant présentés aux élections, se débrouillent pour ne jamais être présent là où sont les « habitants du Barcarès » au moment de cérémonies qui doivent rassembler et non désunir ! Sortiront-ils uniquement l’avant-veille des élections municipales se parant alors de déguisements pour faire « croire » qu’ils ont œuvrés en permanence pour le bien être des Barcarésiens ?
Lors des guerres chaque citoyen se dépouille de sa couleur politique et livre son âme à la défense d’une cause supérieure : la nation. Lors des cérémonies de mémoire ou festives (11 novembre ou 14 juillet par exemple), il n’est pas légitime ou crédible de ne pas faire l’effort de présence, en tout cas pour certains qui s’imaginent avoir un destin local, et de se rapprocher du cœur des habitants qui, le plus souvent, ne souhaitent pas un débat politicien mais bel et bien une représentativité plurielle au service de chacun et de tous.
Oui, le 11 novembre commémore tout à la fois un drame humain colossal à ne jamais enterrer, une libération et un renouveau derrière le mot « paix », mais en l’actualisant à notre époque et en le ramenant à nos préoccupations terre à terre, c’est un appel à instaurer de nouvelles façons de réfléchir à notre quotidien.
Jean Louis Jimenez, le seul conseiller municipal élu d’opposition en exercice, et son équipe d’Agir pour l’Avenir, étaient présents et se sont emparés de l’évènement pour rappeler que les droits de l’opposition ne se défendent pas par l’absence mais s’obtiennent par la présence, sans heurts, tout simplement en prenant les électeurs à témoin. Personne ne veut d’un conflit larvé au Barcarès et si les échanges peuvent être vifs, et des réflexes de privation de droit d’expression encore parfois présents chez certaines composantes de la majorité (pas toutes, fort heureusement), force est de reconnaitre que beaucoup ont démontré leur envie d’accepter les différences et de souscrire à l’effort de respect mutuel qui sied aux démocraties adultes.
Nous
aurons dans les mois futurs à enfoncer le clou et rappeler que
l’opposition, fusse-t-elle réduite à un conseiller municipal, a des
droits inscrits par les lois (comme l’obtention des rapports
de synthèse avant les conseils municipaux, passage obligé pour
quiconque souhaite se prononcer avec un minimum d’information sur les
sujets soumis au vote, etc.) et qu’une majorité bien dans sa peau n’a
pas lieu de s’en offusquer, ni de s’y opposer… A partir de là, vous le
verrez : C’est le débat au quotidien qui deviendra GRAND et
QUALITATIF.
A la majorité de démontrer qu'elle a le souhait chevillé au corps de faire cohabiter dans l'harmonie deux forces opposées qui, bien vécues, ne peuvent qu'oeuvrer pour un progrès au service de tous. Donner c'est la meilleure façon de recevoir !