Comme pour une famille, les communes ont des ressources et des dépenses, et parmi elles il y a les emprunts et leurs intérêts. Plus la dette est maîtrisée, plus la gestion est saine, c'est une lapalissade. A ceci quelques exceptions puisque quelquefois s'endetter pour créer de la richesse ou créer du "structurant", et donc de la plus-value sur le moyen terme, peut être une attitude responsable. Au Barcarès, le niveau d'endettement ne correspond pas en général à un accroissement des équipements "fondateurs" ou à une évolution sensible de la commune vers le haut. La dette est plutôt "passive" et générée pour absorber les frais de fonctionnement... Le nouvel emprunt annoncé récemment indirectement  en fin de conseil municipal en décembre dernier pose quelques questions et des interrogations. L'analyse des comptes finaux de 2009 permettra probablement de donner des éléments de réponse.

Le budget est un domaine sensible, nous l'avons vu, puisque lorsqu'il s'agira de réaliser de grands projets ou des travaux de sauvegarde du patrimoine environnemental, les réserves de puissance sont nécessaires. Les avons-nous ? Voici un petit tableau qui indique l'évolution de la dette par habitant... Les chiffres parlent d'eux-mêmes !

ANNEE (par habitant) 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008
Commune Le Barcarès 3818 3683 4548 3914 3705 4347 4618 4497 4148
Moyenne villes 3500/5000 h 798 792 796 826 855 878 896 918 934

argJusqu'en 2004 l'endettement par habitant a plutôt eu tendance à baisser pour connaître une flambée de nouveau en 2005... Le niveau d'endettement n'est qu'une partie de l'analyse du budget communal*** mais reste un baromètre des vertus de gestion ou non.  

Même si on ne peut pas toujours comparer , reste que nous avons en moyenne un endettement très supérieur à la norme. Lorsque nous évoquions ces derniers jours les efforts à faire et les inquiétudes, cela en fait partie naturellement.

*** l'analyse de certains postes budgétaires clés sont très informatifs du comportement et de la santé réelle des comptes publics. 

Reste ensuite aussi une donnée importante que l'on appelle "capacité d'auto-financement". Schématiquement, la capacité d’autofinancement (CAF) brute, qui se définit comme étant la différence entre les recettes et les dépenses de fonctionnement réels d’une commune, doit lui permettre de financer tout ou partie des opérations d’investissement (remboursement de la dette en capital, dépenses d’équipement, etc.).

ANNEE (par habitant) 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008
Commune Le Barcarès 159 222 666 404 624 1192 1102 900 344
Moyenne villes 3500/5000 h 151 147 131 151 157 155 159 158 152

 Là encore les chiffres sont contrastés même si, on le voit bien, les capacités d'auto-financement du Barcarès sont au-dessus de la moyenne de par la nature de la ville. Toutefois, après quelques années de progression l'année 2008 a marqué un fléchissement très conséquent de notre capacité à autofinancer. 

Ensuite on peut comparer le CAF brut au CAF net. Schématiquement là encore disons que la capacité d’autofinancement nette se définit comme étant l’épargne nette que dégage une commune, après avoir remboursé sa dette en capital. Le fait de dégager une CAF nette positive caractérise une situation normale (théoriquement), ceci est à relativiser naturellement en fonction du chiffre affiché...

ANNEE (par habitant) 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008
Commune Le Barcarès -195 -100 238 -28 235 807 748 600 134
Moyenne villes 3500/5000 h 58 52 42 62 68 69 79 79 75

 Ainsi à partir d'une information, il est possible ensuite de porter ses jugements et apprécier les changements possibles ou nécessaires dans la gestion communale. Le grand public, que nous rencontrons chaque jour et qui soutient de plus en plus massivement notre action de présence sur le terrain, de pédagogie et d'information, a besoin d'être tenu au fait des choses puisque les habitants sont tout de même les premiers concernés par l'état des finances.

Nous pensons, comme nous l'avions déjà écrit et proposé, que la mise en ligne des principaux documents administratifs ou budgétaires, même si la lecture n'est pas toujours aisée pour le non initié, serait un progrès notable dans la démocratie locale. La transparence la plus totale doit régner et surtout, pour en revenir aux emprunts, comme nous l'avons aussi écrit à plusieurs reprises, les décisons prises collégialement en Conseil Municipal au prix d'un vrai débat où plus de participation des élu(e)s est souhaitable.

Un emprunt est un engagement sur du long terme et un fardeau tenace. Il mérite qu'on s'y arrête et qu'on en discute de manière contradictoire à priori et non pas à postériori (mis devant le fait accompli) comme c'est trop souvent la tendance depuis plusieurs années.

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